FRAGILE

Artistes contemporains et jouissance visuelle.

08 novembre 2006

Marianne Batlle

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Née en 1962 à Perpignan. Vit et travaille à Paris

En abordant le travail de Marianne Batlle, la première tentation est de l’interpréter à la lumière des théories freudiennes. En effet, les « poupées-penis » qu’elle tricote de manière quasi-obsessionnelle seraient symptomatiques de ce que Freud appelait « l’envie du pénis ». Son imagination fertile les habille en angora, en perles, en laine, en fil de fer, en corde, pour donner à chacun sa propre personnalité. Ses jouets-phallus qui invitent le spectateur à les câliner, sont drôles et mignons, provocants et teintés d’une obscénité enjouée. Mais les cantonner aux limites de la psyché de l’artiste  serait une erreur trop facile et regrettable. Car ces « pénis-doudous » se prêtent à plusieurs angles de lecture.

Dans le contexte actuel, ils représenteraient les nouveaux rôles endossés par l’homme. Aujourd’hui, il est un métrosexuel : il se pomponne, fait du shopping, se maquille, se met aux fourneaux, devient une fée du logis. Cet homme à l’extérieur/femme à l’intérieur, est-ce un acquis du féminisme ?
Plus largement, les  « poupées-penis » de Marianne Batlle sont les protagonistes d’une comédie humaine qui, depuis la nuit des temps, gravite autour du phallus et de la domination, des envies et des complexes qu’il suscite. Dans ses mises en scène, l’artiste aborde aussi bien la politique et la théorie de l’évolution que le pouvoir militaire ou la prostitution. Si ses pénis sont incapables d’offrir un plaisir physique, ils compensent en provocant une jouissance théorique extrême et variée. Marianne Batlle  est issue de l’univers du design et de la mode. Ses activités « artisanales » ne suffisant pas à assouvir ses envies de création, elle a investi le champ artistique avec ses poupées-pénis qu’elle tricote et perfectionne depuis 2004.

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Marianne Batlle, Divine

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Posté par expo_fragile à 17:33 - ARTISTES - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

En scoubidou...

Celui en scoubidou n'est pas très pomme-poire car, comme on peut le remarquer, les noeuds à l'extérieur, c'est pas glop. ;-)
En tout cas, une belle série a été exposée, grâce à la galerie Juste en face, de Marseille, au second étage des Galeries Lafayette de la rue Saint-Férréol (Marseille idem).

Posté par Jef Tombeur, 26 décembre 2006 à 23:06

Je vois que monsieur est un connaisseur! Effectivement, ça devait être une belle exposition. Que je n'ai pas eu le plaisir de voir. Mais Marianne prépare quelque chose d'encore mieux pour le mois de janvier!

Posté par natalia, 27 décembre 2006 à 12:13

GLOP !

Et oui ! les noeuds à l'extérieur c'est pas glop ! je dirais même mieux c'est pas gloup mais attention ça pourrait le devenir !
En tout cas je suis heureuse que la petite série marseillaise t'ai plu ! Et si tu passes à Paris ne manque pas la série parisienne !
Elle promet d'être gloupesque !

Posté par marianne, 27 décembre 2006 à 14:51

Poupée pénis !
et dire que je ne connaissais pas !
une vision feministe qui oublie d'être basiquement agressive.
génial !

Posté par rémy, 27 décembre 2006 à 20:45

on frise le génie publien

J'adore le travail de Marianne. Tout simplement, sans pudeur, sans retenue, sans arrière pensée.
Le pénis sorti de son étui, le pénis sous toutes ses formes, le pénis non seulement reflet de notre inconscient et de notre personnalité, mais plus encore doté d'une personnalité.
En bref, quand on arrive a défriser le pénis de la sorte, on frise le génie pubien, on accède au divin.
Vous l'aurez compris : je suis un fan. Toutes mes félicitations pour ce travail, qui mérite d'être connu.

Posté par Pascal, 28 décembre 2006 à 22:47

leche-toi

J'te la met dans l'cul. Salope.

Posté par sucedebout, 28 décembre 2006 à 23:55

gilou et son syndrome

Cher sucedebout,

Je vous remercie pour votre conseil. Je ne manquerai pas de le transmettre à Marianne. Cependant, je doute qu’elle soit assez souple pour se lécher elle-même, car à ma connaissance elle ne pratique pas le stretching. Tant qu’on parle de soins, je vous conseillerais une aide psychologique. En effet, je crains que vous ne souffriez du syndrome de Gilles de la Tourette. Vous devez beaucoup souffrir. Je vous soutiens moralement.

Posté par natalia, 30 décembre 2006 à 00:26

Ah, la persona du schlong, tout un programme.

Amusante, la remarque de Pascal, et magistral, le diagnostic de coprolalie de Natacha...
Ce qui m'évoque qu'effectivement, il ne manque que la parole aux pénis de Marianne... ;-)
Je suis repassé par ce site pour en citer l'adresse ailleurs et je découvre les commentaires...
Un autre donc, déjà pour signaler que Germaine "GeeGee" Greer, qui avait tricoté une "chaussette à bite", serait toute indiquée pour marrainer une expo de Marianne (bon, Greer est assez controversée et jugée dépassée par certaines générations féministes actuelles : c'est assez sain de pousser mère grand dans les orties, parfois).
Et puis, genre bouteille à la mer, si quelqu'un-e avait encore un exemplaire du _Livre de Zob_, du regretté Jean-Gabriel Zufferey, je suis preneur (j'aurais jamais dû prêter le mien).
Merci de me prévenir du lieu et des dates de la "série parisienne" évoquée.

Posté par Jef Tombeur, 08 janvier 2007 à 10:34

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